vendredi 31 octobre 2008

Notre petit lion



Le roi de la ville se promène à la noirceur. Méfiez-vous!



Maman est habillé en sorcière... Hen ?!?!! On est pas sensé manger, prendre le bain et aller au lit comme d'habitude ?!?!?!



Quoi ? Je peux enfin aller cogner aux portes et on ne me dit pas de revenir! Super chance!



Tiens, elle aussi elle est costumé... Et dis donc... Je la fais rire!



Non, non c'est moi qui met les bonbons dans mon sac... De quoi je me mèle ?




Ouf, 2 coins de rue c'est épuisant à marcher avant tant de gens à croiser! De retour à la maison, c'est moi qui donne les bonbons dans les sacs de nos invités!



Mon camion de pompier en main est essentiel afin de gérer mon stress de la soirée.



Bon... Je crois que j'ai pas tout compris l'ensemble des deux dernières heures. En tout cas, maman prête son chapeau à papa et ces deux-là sont fiers de moi!

Merci Yanick pour les photos de mon premier Halloween, tu es un parrain en or! Youpi, demain on part avec toi à Québec pour la fin de semaine, tu me prendras dans tes bras ? Gros câlins à toi.

mardi 28 octobre 2008

Fragile



Je dois m’arrêter quelques instants pour reprendre mon souffle.
Sinon, à quoi bon avancer sans toute sa tête.

Il est donc utile d’écrire aujourd’hui afin de clarifier.

Au boulot, je me sens dépassée par des pacotilles, je ne crois pas à mon potentiel, je fige sur place. J’ai de bonnes idées mais beaucoup de difficulté à les mettre en action.

Arrêt sur image. Pause. Blocage.

Je gouverne mes artilleries vers moi au lieu de les prendre pour avancer. Je me braque, je me sabote.

Je prends un temps fou à me justifier quand tout va bon train. Je ne comprends pas que je ne sois pas en pleine possession de moi-même. J’aimerais que tout redevienne comme avant.

Je mets tout cela sur le compte du sommeil. Lui que je ne possède plus totalement que je tente de reprendre à toute heure du jour et qui ne revient jamais à zéro.

Akim a fait des cauchemars cette nuit, il criait comme un enfant (pas comme une jeune enfant). Un cri intense en autre et le cœur épris d’un rythme contracté.

Mon cœur est d’argile, pulvérisée. Mes émotions sont à fleur de peau.

Je vais bien tout de même mais je me sens plus clairement fragile rapidement et intensément qu'avant pour en finir plus rapidement. Est-ce un cycle ? Une étape ?

jeudi 23 octobre 2008

«Fini, fatigué, caché?»



Je me sens un peu comme Akim sur cette photo.
Fatiguée du chemin, hâte d'arriver au bercail de la fin de semaine.
Semaine débutant dans la gastro et finissant dans le froid.
J'appréhende l'hiver, déjà il arrive avec sa satanée température.
Je devrai dormir plus tôt à chaque soir pour éviter de me rendre malade.
Voilà mon lot du jeudi soir.

dimanche 19 octobre 2008

Écho Zazoo



Le reflet de soi
Est encadré
Par ce qui nous entoure

Être restreint à ce reflet
Nous abîme

Sortir de soi

Marcher sur cette image
Aller plus loin
Créer des ondes
Des zones
Des baumes

Partir même quand est parti
Sauver sa peau

Aller plus loin
Parce que là
Ce n’est pas pour soi

Ne pas hésiter
Se sauver pour les bonnes raisons
C’est comprendre ses limites

Se tromper peut-être
Mais au moins
Avancer
Pour mieux se comprendre

Parce qu’assumer, c’est pas toujours la clé

Parfois il faut éviter
Parfois il faut tenter
Parfois il faut partir

Ton cœur le dira
Ta tête acquiescera

Photos oubliées



Cet été avant de partir de chez mes parents



Promenade de bus soutenu par papa et supervisé par grand-papa



Dans l'arbre, c'est plus frais!



Le matin très tôt des regards d'amour



Ah coucou maman!



Tante Louise fait le chien...bizarre!

jeudi 16 octobre 2008

"La grande Odalisque"




Quelle superbe photo prise par Micheal Thompson de l'actrice Julianne Moore en 2000.

Portrait d'une fille nue dans un harem.

Une reproduction d'une peinture de Jean-Auguste-Dominique Ingres, 1814.

Ça vaut la peine de cliquer sur la photo pour bien en observer ses détails.

mercredi 15 octobre 2008

Je m'auto-pub!



Le thème de l'immigration vous intéresse ?

Je vous invite à regarder une compétition de courts-métrages en ligne de Radio-Canada Internationale!

Mon film "Ici / Ailleurs" y sera dans 3 semaines (du 30 octobre au 5 novembre), d'ici là, vous pouvez regarder les autres films et vous faire une petite idée de la compétition!

SI VOUS OUBLIEZ DE REGARDER MON FILM... DANS 3 SEMAINES, JE VOUS RELANCE!

Vous participez en votant, vous avez la chance de gagner un super I-Pod!

SVP diffuser dans vos réseaux!

Lien pour le site :
www.rciviva.ca/migrations
(Cliquez sur "Appel international de courts et de balados sur l'immigration")

Au plaisir de vous savoir au rendez-vous!

mardi 14 octobre 2008

Bulle



J'ai envie de me bercer sur une feuille au gré du vent.
Ne pas me dire que peut-être un vent violent pourrait me faire tomber.
Je veux arrêter de craindre.



Pousser mes limites tout en gardant ma bulle à moi.

Je veux, j'aimerais, je vais.

jeudi 9 octobre 2008

Mon arbre à palabre



Je vous présente OUEDRAOGO, Georges de son prénom. Mon ami de Ouagadougou du Burkina Faso de passage à Montréal.

Retrouver Akim et Georges sur la même photo, c'est boucler un ensemble, c'est voir le chemin et empoigner le temps.

Georges était mon confident lors de mon premier séjour en Afrique de l'Ouest, le sage, celui qui bousculait mes nouvelles perceptions et apprentissages. Il était mon arbre à palabre. Vous savez ce fameux baobab: une force de la nature.



Cet arbre immense et costaud où au dessus, on se loge pour causer, là où les rencontres du village se font. Le lieu de tous les rassemblements, des décisions, des apprentissages. Le lieu où le corps est à l'ombre sous ses rayons de soleil omniprésents et où la lumière de l'esprit peut rejaillir.

Je me sentais ainsi auprès de Georges. Je me savais en confiance.

Je me souviens très bien du matin lorsque je lui ai révélé avoir fait un rêve que je faisais depuis longtemps. À chaque fois dans ce rêve mille fois visité, ma curiosité me menait à me heurter devant de multiples portes closes dans un immense immeuble. Cette nuit là, j'avais ouvert plusieurs portes, le sentiment était puissant.

Un jet de lumière rayonnait sans m'aveugler, me réconfortant et un sentiment de liberté extrême me séduisait à chaque ouverture de porte. J'ouvrais chaque porte avec joie. Je me permettais de le faire, cette fois-ci, j'imagine. Une visite dans mon rêve, mon inconscient. Presqu'ésotérique tout ça mais si réel!

Il avait sourit et m'avait dit doucement:" C'est l'Afrique qui t'a aidé à ouvrir ces portes!" Il avait raison.


Retrouver Akim et Georges sur la même photo, c'est boucler un ensemble, c'est voir le chemin parcouru et empoigner le temps. C'est aussi y voir les origines africaines de mon fils. J'ai hâte qu'il foule la terre béninoise de son père pour son plus grand bien; je lui souhaite.

lundi 6 octobre 2008

Lecture du dimanche



Dimanche après-midi après la sieste familiale, papa Mao lit le livre de contes classiques d'Akim que ma grande soeur lui a offert. Il aime feuilleter et tourner ses grandes pages cartonnées et observer de haut en bas l'ensemble de ces images.

Akim adore transporter ce livre de gauche à droite dans l'appartement comme on pourrait transporter un objet précieux qu'on affectionne et divulgue à tous. Pourtant ce livre est lourd même pour nos bras d'adultes. Pour Akim, le poids ne semble pas être si énorme, au contraire, il montre une grande fierté à empoigner ce livre, de tout son petit corps.

Parfois lorsqu'il le regarde seul, j'ai l'impression qu'il cherche les camions.

Son histoire préférée est celle du loup et de l'agneau. Nous aimons imité, les trois ensemble, le son du loup. Comme une libération commune. Ah ah ah hhhhouhouooooooooooooohhhooooooohhhooooooooooouuuuu!



Les dimanches après-midi quand nous sommes tous ensemble, c'est mon moment préféré à moi, Akimette.

Je suis...

une montagne, une rivière, un fantôme, un cochon, un lion et une girafe.

Demain, je serai une pomme, un camion, un avion, un autobus et une fleur.



Après demain, je serai une crevasse, un porc épic et un soleil.

Je suis le pantin d'Akim.

J'aime le surprendre et le faire pouffer de rire.



Le taquiner en sentant ses petits pieds (avec lui) qui puent (juste un peu).



Courir dans le corridor pour lui faire peur.
Me cacher pour le surprendre.



Je suis.

vendredi 3 octobre 2008

Le bain

18h30, je suis déçue, je raccroche le téléphone.

Je m'étais imaginé toute une soirée à l'extérieur de chez moi, à l'extérieur de la rigidité de ma routine. Et ça ne fonctionne pas.

C'est vrai, je ne peux pas m'imposer ainsi à aller chez quelqu'un mais merde que j'en avais vraiment envie.

Comme d'aller sur un balcon de quelqu'un gueuler, chialer, rire, pleurer, me défouler à fond. Juste un brin, juste pour ventiler, rien qu'un peu... Mais bon, je peux pas m'imposer!

Deux choix devant moi; je boude ou je m'arrange pour m'amuser.

À la différence de toutes les milliers de dernières fois, je m'arrange pour m'amuser. Un difficile "pattern" que je travaille depuis des lunes. Le travail d'une vie... il faut bien que ça commence à fonctionner... 40 ans et des poussières, la fille commence à comprendre!

Je décide donc de me plonger littéralement dans ma soirée... Allez oups, tasses-toi Akim, maman rentre dans le bain avec toi.

Il se tasse gentiment un peu surpris et se positionne en cuillère comme si c'était une vieille routine entre nous! On lit son livre Caillou "tape des mains", on tape des mains, je m'amuse déjà... "Caillou donne des bisous", "smac", on se donne des bisoux, tout plein en rigolant de bon coeur...

Wow, c'est facile d'être bien! Je m'étonne et savoure pleinement le moment.

Akim regarde mes seins et dit "bobo", je lui dit "non, comme tes mamelons", il regarde les siens... J'avoue que c'est moins évident!!!

Il positionne sa bouche sur mon mamelon et je lui dit "lait", il dit "lait" et me regarde et me dit "fini!" Et oui "fini", c'est bien logique! Je ris.

Puis Akim comme à son habitude ces derniers temps, se met à prendre une à une toutes les bouteilles de shampoings pour les lancer dans le bain. GRRRRRRR!

Les bouteilles de shampoings, on en a pas deux... Mais une douzaine; des fonds, des pleines, des tests, des classiques... Complètement ridicule! Et j'avoue que ce geste d'Akim de lancer le tout méticuleusement, m'énerve un peu, j'imagine que mon désir d'ordre ressort et ça me titille et en plus, je juge ce titillement (du Akimette à 100%!)...

ET VLAN... Au lieu de me perdre dans ces sentiments confus (et ridicule... oups jugement..), je me mets à lancer les bouteilles avec lui dans le bain.. WOW, quel soulagement, Akim est un peu surpris!

Un bain chaud et rafraîchissant. Pas de bouderie! Un vrai délice!

En un rien de temps, je me suis tapé du bon temps.. Je me prépare donc à chausser mes Merell et me promener dans mon quartier pour faire un peu de différence dans ma routine en contournant ma bouderie légendaire.

Je ne peux pas vous dire que je suis pleinement épanouie (il faut être réaliste et honnête, je ne suis pas dans un film, je suis dans ma vie!!) mais je me fais la leçon et se faire soi-même la leçon, c'est la meilleur des choses.

Bon je n'aime pas l'idée de dire "leçon" ; je ne trouve rien d'autre comme explication.. Mais bon, j'ai d'autre chsoe à faire que de chercher longtemps le mot juste... Je dois urgemment aller me faire plaisir!

Brouillard


Une période en moi, s'efface.

Je relis ce que Fannie m'envoie.

"Ma p'tite Gen, tu viens de retomber sur tes pattes après une longue période de doute professionnellement parlant. Là, tu as une certaine stabilité et un nouveau style de vie que tu dois apprivoiser. Prends ça un jour à la fois.

À la job, y a pas personne avec une fracture ouverte, y a pas de sang qui coule, y a rien qui te dit que tu dois te mettre une pression surhumaine... Tu fais ton petit train train, tu suis ton chemin. J'ai réalisé que dans ce genre de job, il ne faut pas trop focusser sur le résultat et qu'il faut juste pousser son camion et voir où il mène..."

C'est vrai, merci du regard externe, trop proche de ce que je vis, je n'y vois plus rien, le brouillard s'installe!

lundi 29 septembre 2008

Échos



Aujourd'hui, étant en congé, je prends du temps pour remettre les choses en place. Je remets entre autre, la photo de ma mère et moi sur mon écran d'ordinateur. Je trouve qu'Akim me ressemble.

Je suis heureuse, je reçois des commentaires de blogueuses suite à mon dernier billet! J'adore; vive l'interaction!

"Très juste regard sur les blogues.... Je me dis, qu'en fait, beaucoup de bloggers cherchent à se créer un petit monde confortable... Et je ne les blâme pas pour cela, je me dis juste qu'il faudrait arrêter de prétendre qu'on se dévoile quand on ne montre qu'un aspect choisi de son être; Cela dit, dès lors qu'on donne un intitulé à un blog, on y écrit des choses qui répondent à cet intitulé, et de ce fait, tout le monde sait que ce n'est pas tout. Non?"

"Tu sais je me réinvente à travers mon blogue... C'est bon je trouve, de faire des coches mal taillées qui nous mènent vers d'autres horizons... C'est pas un mensonge, c'est une direction, une manière de me décrire qui est différente du quotidien, un regard externe sur ce que je vis, une mise à nue qui me respecte et qui ne me fragilise pas... "

C'est vrai, on choisit, on sélectionne, on s'affirme tout en se respectant. Dans le fond, c'est une vision, une interprétation de ce que nous sommes, vivons et choisissons de dire. Ayant vu les autres du manière très esthétique, je les ai jugé! Je le suis aussi.

Mais des fois, je sens une vérité ressurgir, une franchise dans le ton qui perce l'écran. Comme la belle Ivoirienne qui habite à New-York. À mon avis, une beauté! Vous voyez, j'ai cette impression qu'elle ne fabrique en rien son monde, elle le met en ligne sans filtre. Ça semble pur, vrai; son univers dévoilé sans fioriture, sans faux-semblants.

http://bouakenewyork-afrosoulmessenger.blogspot.com/

Les photos sur son blogue sont à mes yeux, tellement naturelles. Une fête est présentée, une série d'amis trinquent tout bonnement, ils semblent s'apprécier et vivre à plein. J'adore ce mordant dans la vie! Du bien-être en cube.

Puis je regarde encore l'image de ma mère et moi; je vois aussi notre bien-être. Qui le voit, le verra ou jamais ne sera perçu. Chacun regarde comme il le veut et dans son intérêt à lui. Voilà toute la multiplicité du regard.

Merci de réfléchir avec moi! Merci des points du vue.

dimanche 28 septembre 2008

J'ai menti!


Pagayle, aquarelle de Balias de Serans

Je trouve cette toile sur le net et je pense.

Ce n'est pas vrai que je me suis reconnu dans les blogues dont je vous ai fait la liste, hier!

À bien y penser, je rêverais d'être aussi "design", cool et artistique qu'elles! J'aimerais me voir en elles, elles m'interpellent mais je ne suis en rien ce qu'elles sont. Je conviens que je ne serai jamais elles.

Et pour dire vrai; je trouve qu'elles représentent leur vie esthétiquement et peu émotivement sauf la jeune Japonaise à Paris que j'affectionne particulièrement, elle est si touchante. Bref, tout cet esthétisme en se divulguant sur un blogue, m'énerve en fait!

Jalousie ?? dirait Yanick! Opinion ?? Si cela m'affecte... ce n'est pas rien! Je pourrais m'en foutre éperdument... Mais ça me titille en titi, du bout des orteils jusqu'à la pointe des cheveux! Oui, oui!

Ce qui me déçoit profondément à propos des blogues, c'est que je n'ai pas encore trouvé une personne sur le net qui parle à la fois de ses hauts et ses bas. Qui parle de la vie, de soi et qui se montre dans sa laideur, son ombre. Je crois le faire. Je veux le faire. Je ne l'exige de personne mais je trouve qu'on se monte (j'avais écrit «se montre»; quel lapsus!) trop souvent un bateau, un personnage en écrivant sur un blogue avec son identité dévoilée.

Je veux du vrai stock, quoi!

Je sais que ce n'est pas la règle à suivre mais c'est ce qui me plaît. Puis je me dis, y en a qui doivent me trouver comme ceci ou comme cela avec mon blogue, du genre, "introspection éditions de l'Homme", narcissique, "poético-mélo" et je ne sais trop encore!

Bref, je me pose beaucoup de question sur les blogues en général. «Que dévoile-t-on, qu'est-ce qu'on ne dit pas, pourquoi partager, pourquoi parler de soi, pourquoi tant questionner, s'affirmer et s'afficher », etc... Mon point de vue n'est pas encore bien défini, il n'est qu'embryonnaire.

Et le fait que j'ai menti sur mon blogue, me fait réfléchir. Si on se ment, c'est en sorte une fuite. Si il y a fuite...

« Quand il ne peut plus lutter contre le vent et la mer pour poursuivre sa route, il y a deux allures que peut encore prendre un voilier : la cape (le foc bordé à contre et la barre dessous) le soumet à la dérive du vent et de la mer, et la fuite devant la tempête en épaulant la lame sur l’arrière avec un minimum de toile. La fuite reste souvent, loin des côtes, la seule façon de sauver le bateau et son équipage. Elle permet aussi de découvrir des rivages inconnus qui surgiront à l’horizon des calmes retrouvés. Rivages inconnus qu’ignoreront toujours ceux qui ont la chance apparente de pouvoir suivre la route des cargos et des tankers, la route sans imprévu imposée par les compagnies de transport maritime.
Vous connaissez sans doute un voilier nommé « Désir ». »

Avant-propos d'Éloge de la fuite de Henri Laborit, 1976

Puis je pense à Fannie qui réfléchit tout haut ces temps-ci... Toujours Laborit et son éloge!

« Être heureux, c’est à la fois être capable de désirer, capable d’éprouver du plaisir à la satisfaction du désir et du bien-être lorsqu’il est satisfait, en attendant le retour du désir pour recommencer.»

Dans le fond, c'est bon de se mentir de temps en temps, on se comprend mieux ainsi!

À cogiter!

samedi 27 septembre 2008

Causer


De retour du dépanneur, je suis étonné de ne pas m'avoir fait comprendre.

Une dame me cause et me demande différentes informations sur toutes les bières étalées devant nous. Égarée, elle l'est.

La jeune fille à la caisse ne comprend pas toutes ces questions du haut de sa caisse. Je lui dit tout bas; «Je crois qu'elle veut simplement jaser, causer...» La jeune fille ne saisit pas.

Vous savez chère demoiselle, de plus en plus de personne parle dans le vide, ne sont plus écoutée. Ne prenez pas tout votre temps pour elle... Mais au moins, reconnaissez sa présence.

Fouiller, fouiner ...



et reconnaître!

J'aime fouiller.

Quand j'étais petite, mes parents me chicotaient pour cette curiosité déplacée.

J'ai appris à ne plus le faire pour respecter les autres. Cette manie est resté en moi. Je suis curieuse, je fouine. J'ai cessé de le faire comme on peut cesser de fumer. Mais l'envie reste toujours. Maintenant je fouine sur le net, je cherche d'autres blogues.

En cherchant, longuement, tu trouves quelqu'un qui te plaît puis tu découvres comme dans une caverne d'Ali Baba, ses liens à elle ou à lui. Voici donc une "famille" de blogues qui me plaisent.

Bizarrement, j'avais changé la présentation de mon blogue avant d'arriver sur ces liens.

FOND BLANC ET COULEURS DE VIE.

Un peu dans ma vision de choses en ce moment. Je me suis retrouvé. Comme dans les yeux de mon fils. Et se retrouver en d'autres... N'est-ce pas là, un de plus beaux miroirs qui soit?

http://madoandco.blogspot.com
http://ured8yu.blogspot.com
http://www.lisenadbage.com/blog/?id=324

mardi 23 septembre 2008

Post-partum

Comment dire... Je n'ai jamais pris autant de temps pour écrire ce que je vis, jamais.

Je suis en post-partum. Je suis triste et dans le vide.

Autant d'affection et de sentiments purs ne peuvent nous faire sentir autrement, j'imagine.

Le même sentiment qu'au retour d'un voyage significatif. Comme celui que j'ai vécu au Bénin, accueillie en reine, choyée, dorlotée, apprécié et bercé par des gestes simples.

Mes quarante ans furent un délice indescriptible.

Depuis près de 10 ans, je taquine mes amies en leur disant que j'aimerais qu'un autobus jaune arrive chez moi avec mes amis à bord.

Un fantasme, une joie qui me titillait depuis des lunes.

Cette idée alliait à la fois l'idée de rassembler des gens que j'affectionne et d'assouvir mon désir d'autobus d'enfance. (Je n'ai jamais fait cette routine, habitant à un coin de rue de l'école; j'enviais souvent les autres du primaire qui arrivaient de terres mystérieuses et inconnues). Et ce plaisir de quitter un lieu pour aller quelque part ensemble vers la même destination en criant comme un enfant, en s'éclatant et en étant tout simplement heureux du moment présent.

Bref, lorsque j'ai vu un autobus tourner au coin de ma rue, je l'ai zieuté me disant "ah un autobus scolaire... non, non c'est pas pour moi!?!?, calmes-toi, ressaisis-toi! " Puis lorsque j'ai saisi, en entendant les petites trompettes de fête que c'était réellement pour moi, j'ai éclaté de joie. Rien de plus pur que ça !














Un souhait réalisé comme dans une grande séduction à mon égard, une attention frivole organisée minutieusement par Yanick et Caroline.


... En tout cas, je n'étais pas la seule comblée!!!





Me connaître plus ne serait impossible. Ils ont misé juste.






















Outre cette idée folle, j'ai eu droit à une tournée à Morin Heights dès le matin vers un spa avec mes deux organisateurs en chef. Au menu, massage suédois et bains thermiques. Ça retape une fille! Le stress décoincé aux épaules, j'ai aimé vivre ce silence avec mes bons vieux amis à travers cette verdure de sapins et de fraîches rougeurs automnales.


Sortir de la ville est un extraordinaire idée, une éclipse séduisante. Une promenade d'amitié improvisée au loin du bourdonnement citadin. On a même pris le temps d'aller fouiner dans les maisons-de-poupées-magasin-sur-organisés de St-Sauveur. Pour rigoler et me valider, en autre, qu'être en chair dans ce type de magasin, c'est se sentir énorme et non desservie!





Et je repense à cet arrêt au parc Fullum, mon parc chéri pendant près de 13 ans.

Du mousseux pour me fêter, certains prennent les bouteilles et tous se mettent en cercle pour faire éclater les bouchons. Un cercle significatif à mes yeux, un ensemble simple; une bonne énergie s'y dégage. Émouvant ce moment, image forte. Un synchronisme.







Puis cette idée si délicate de construire une carte de souhait en blogue; quelle bonne idée, si personnalisée. J'y retrouve même ceux et celles qui sont au loin! Des larmes de plaisir et une délectation enivrante.



Je relis et relis et m'arrête sur le billet de Geneviève C.

« Le bonheur n’arrive pas automatiquement, ce n’est pas une grâce qu’un sort heureux peut répandre sur nous et qu’un revers de fortune peut nous enlever; il dépend de nous seuls. On ne devient pas heureux en une nuit, mais au prix d’un travail patient, poursuivi de jour en jour. Le bonheur se construit, ce qui exige de la peine et du temps. Pour devenir heureux, c’est soi-même qu’il faut changer. »

Luca et Francesco Cavalli-Sforza, La science du bonheur.

Geneviève, elle semble avoir compris ça depuis longtemps. Bien que je la connaisse relativement peu, à chaque fois que je l’ai vue, je l’ai entendue se remettre en question, se regarder aller, se poser des questions et trop souvent, douter..."

Saisissant comment quelqu'un qui me connaît depuis si peu de temps m'a saisi. Oui, des années à douter et me remettre en question. Mais je vois que le bien-être vient plus souvent à ma porte, aisément. J'ai travaillé fort et je sens de plus en plus l'effet de cette construction de soi. Cette fête organisée m'a fait voir comment j'étais apprécié et aimé, la simplicité des gestes et l'ambiance me confirmaient que le boulot sur soi est en pleine récolte. Comme un champ débordant de soleil et d'accomplissements.

Merci infiniment pour votre présence et aussi pour ceux qui n'ont pu se pointer. Vous m'avez ému, plu et séduit. Je ne m'attendais pas à autant.














Je suis maintenant en post-partum. Reine déchue, princesse détrônée. Le retour à la réalité est franchement difficile! Tant de plaisir m'ont saoûlé, merci, merci, merci, merci!


Ma géniale carte de souhait: http://genevieveaquaranteans.blogspot.com

vendredi 19 septembre 2008

jeudi 18 septembre 2008

Liberté 201 (le cours suivant)


Dans un texte, « Les enfants de Simone de Beauvoir », paru dans Désirs et réalités, NANCY HUSTON raconte :

« Moi non plus, je ne voulais pas d’enfants ; c’est un choix qui fut mien et que j’ai défendu avec tant de fougue que je le respecterai toujours. La liberté plus grande du célibataire et surtout de la célibataire, en comparaison des gens mariés, est incontestable. Le temps dont elle dispose - pour travailler, voyager et s’instruire - est objectivement, quantitativement, plus grand que celui d’une mère.

Mais je me suis aperçue que malgré tout, le temps avait tendance à passer, et que je n’aimais pas sa manière de le faire. J’avais beau le mesurer, le distribuer, et m’efforcer d’en profiter au maximum, je ne réussissais pas à le mater, à l’immobiliser ; il me glissait quand même entre les doigts.

Et si, après dix années de vie de femme adulte-indépendante-célibataire-activiste, j’ai désiré partager ma vie avec un enfant (et aussi avec un homme, mais cela, c’est une autre histoire), ce fut, entre autres raisons, pour changer ce rapport-là au temps.

Pour me forcer à accepter une certaine “perte” du temps. Pour apprendre la paresse, les répétitions et les temps morts. Parce qu’un enfant, peut-être plus qu’aucune expérience de la vie humaine, vous confronte et à la nécessité et à la contingence. Quand vous lui mouchez le nez, ce n’est pas parce que c’est la chose qui vous tient le plus à cœur à ce moment-là, c’est parce que c’est cela qu’il faut faire. (...) Du coup, la vie ne peut plus coïncider avec l’œuvre : ça déborde de partout, et ça vous déborde.

Effectivement, vous n’avez pas le choix : ce ne sont pas des “rapports choisis avec des êtres choisis” [ce que Simone de Beauvoir prisait exclusivement]. L’enfant est là, celui-là et pas un autre, et il faut que vous subveniez à ses besoins. C’est nécessaire.

Mais le plaisir qu’il vous apporte est, lui, parfaitement gratuit. Il n’est pas le résultat d’un “bon choix” : bon choix de vin ou de promenade ou de livre ou d’ami.

Il vous tombe dessus sans que vous le méritiez.

Un sourire, un câlin, une confidence chuchotée - ces choses-là sont non seulement “gratuites”, elles sont inestimables. »


Du temps concret.