samedi 13 septembre 2008

1982-1994




Samedi soir.

J'ai trouvé un lien pour s'imaginer dans un autre temps, je me suis amusé!

Quelle superbe coiffure, non ?




www.yearbookyourself.com

Wajdi Mouawad répond à Harper

Dans la section Opinion en date du 11 septembre dernier du Devoir :

Lettre à Stephen Harper - La rive miroir

Wajdi Mouawad, Fonctionnaire pour l’État canadien

Monsieur le premier ministre. Nous sommes voisins. Nous travaillons chacun d’un côté de la rue. Vous êtes premier ministre au Parlement canadien, et moi, juste en face, auteur, metteur en scène et directeur artistique du Théâtre français du Centre national des arts (CNA). Je suis donc, tout comme vous, un fonctionnaire de l’État travaillant pour le gouvernement fédéral, un collègue en somme.

Je profiterai alors de cette position privilégiée pour, m’entretenant avec vous de fonctionnaire à fonctionnaire, évoquer l’annulation des programmes de subventions fédérales dans le domaine de la culture, et à laquelle votre gouvernement vient de procéder. En effet, suivant de près cette affaire, j’en suis arrivé à quelques conclusions que je me permets de vous communiquer publiquement, ce débat devenant lui-même, vous en conviendrez, d’intérêt public.
La symbolique

Premièrement, il apparaît nécessaire que vous vous entouriez de quelques conseillers qui sauront être attentifs à l’aspect symbolique des gestes de votre gouvernement. Vous le savez sans doute, mais il est bon de le rappeler, chaque geste public raconte non seulement ce qu’il est, mais aussi ce qu’il symbolise.

Par exemple: un premier ministre qui ne se déplace pas pour la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques en Chine, arguant d’un horaire trop chargé, n’empêche nullement le fait que, sur le plan symbolique, son absence puisse signifier aussi autre chose. Elle peut signifier qu’il désire poser le Canada comme un État appuyant les revendications du Tibet. Ou encore elle s’apparente à un signe de protestation contre la manière avec laquelle les droits de l’homme sont considérés par Pékin. Si ce premier ministre s’obstine à n’évoquer qu’un calendrier chargé pour expliquer son absence, qu’il le veuille ou non, celle-ci aura une portée symbolique qui engage tout le pays. Le sens symbolique d’un geste public primera toujours sa raison technique.

Déclaration de guerre

La semaine dernière, votre gouvernement a réitéré cette manière unidimensionnelle de gouverner, cette fois-ci sur le plan intérieur, en effectuant des compressions dans des programmes de subventions destinées au milieu culturel. Un geste budgétaire, insistez-vous, mais qui provoque une onde de choc ressentie par le milieu artistique — à tort ou à raison, cela reste à voir — comme une expression de votre mépris à son égard. La confusion avec laquelle vos ministres ont tenté de justifier ces compressions et leur refus de rendre publics les rapports des programmes annulés n’ont fait que confirmer la portée symbolique de ce mépris. Vous venez de déclarer la guerre aux artistes.

Or, et c’est la seconde chose que je voulais, de fonctionnaire à fonctionnaire, vous dire: aucun gouvernement, en méprisant les artistes, n’a été en mesure de se relever. Aucun. Les ignorer, les soudoyer, les récupérer, les acheter, les censurer, les tuer, les envoyer dans des camps, les emprisonner, les surveiller, les détester, oui, mais les mépriser, non. Cela équivaut à briser un pacte étrange, scellé depuis longtemps, entre art et politique.

Le mépris

Art et politique s’haïssent et s’envient, s’attirent et se détestent depuis toujours, et c’est dans cette dynamique que bien des idées politiques naissent, dans cette dynamique que, parfois, des chefs-d’oeuvre voient le jour. Or, votre politique culturelle ne provoque qu’une profonde consternation. Ni haine, ni détestation, ni envie, ni attirance: rien qu’un abasourdissement devant le vide accablant qui anime cette politique.

Ce vide entre vous et les artistes, d’un point de vue symbolique, signifie que votre gouvernement, le temps qu’il durera, ne verra naître ni idée politique, ni chefs-d’oeuvre, tant vous ne semblez pas croire à la valeur de ce que vous méprisez. Le mépris est un sentiment souterrain, mélange de jalousie et de peur non assumées envers ce que l’on méprise. De tels gouvernements ont existé, mais ils n’ont pas tenu, car un gouvernement, même le plus détestable, ne peut durer qu’en ayant le courage d’affirmer ce qu’il est.

Pourquoi, au juste?

Quelles sont les raisons de ces compressions en tout point semblables à celles que vous avez opérées l’an dernier auprès de la plupart des ambassades canadiennes qui ont vu leur programme culturel diminué pour ne pas dire annulé? Vous réalisez une économie budgétaire qui équivaut à un pourcentage ridicule par sa petitesse, et les votes que ces choix pourraient vous apporter vous sont déjà acquis. Pour quelle raison alors vous acharnez-vous à attrister l’artiste le privant de quelques-uns de ces outils? Que cherchez-vous à é(at)teindre?

Votre silence et vos gestes font craindre le pire, car, finalement, on se surprend à croire que ce mépris, exprimé à travers ces compressions, soit réel et que vous n’avez que dégoût pour ces gens, ces artistes, qui passent leur temps à le perdre en dépensant l’argent du bon contribuable qui, lui, au lieu d’oeuvrer, va au labeur.

Malgré cela, je n’arrive pas à comprendre votre raisonnement. Bien des politiciens, depuis cinquante ans, mettent tout en oeuvre pour dépolitiser l’art, lui ôter sa portée symbolique. Ils tentent l’impossible pour délier ce lien qui rattache l’art à la politique. Ils réussissent presque! Or, vous, en une semaine, vous ébranlez ce travail de chloroformisation en réveillant le milieu culturel, francophone comme anglophone, d’un océan à l’autre. Même s’ils sont marginaux et négligeables sur le plan politique, il ne faut jamais sous-estimer les intellectuels, sous-estimer les artistes; sous-estimer leur capacité à vous nuire.

Un grain de sable tout puissant

Je crois, cher collègue, que vous venez de placer, vous-même, le grain de sable qui pourrait faire dérailler toute l’architecture de votre prochaine campagne électorale. La culture en effet n’est qu’un grain de sable, mais c’est justement là sa force, son front silencieux. Elle n’opère que dans le noir. C’est sa légitime puissance.

C’est plein de gens incompréhensibles, mais doués de parole. Ils ont de la voix. Ils savent écrire, peindre, danser, sculpter, chanter, et ils ne vous lâcheront pas. Démocratiquement parlant, ils veulent l’anéantissement de votre politique. Ils ne s’épuiseront pas. Comment pourront-ils?

Comprenez-les: ils n’ont pas eu de but collectif clair depuis si longtemps, depuis si longtemps pas eu de cause commune à défendre. En une semaine, en ne contrôlant pas ou mal la portée symbolique de vos gestes, vous venez de leur offrir la passion, la colère, la rage.

Dans le brouillard

La contestation qui aura lieu aujourd’hui et à laquelle ma lettre s’ajoute n’est qu’une des premières manifestations d’un mouvement que vous venez de mettre vous-même en branle: un nombre incalculable de textes, de discours, de gestes, de rassemblements, de manifestations vont désormais se faire entendre. Ils ne s’essouffleront pas.

Ceux-là seront peut-être, à l’instar de ma lettre, défaillants, mais, à l’intérieur de chaque mot, il y aura une étincelle enragée, ranimée, et c’est précisément l’addition de ces petits instants de feu qui formera le grain de sable dont vous ne pourrez pas vous débarrasser. Cela ne se calmera pas, la pression ne diminuera pas.

Monsieur le premier ministre, nous sommes voisins. Nous travaillons chacun d’un côté de la rue. Seul le Monument aux morts nous sépare et c’est juste, puisque art et politique ont toujours été le miroir l’un de l’autre, chacun sur une rive, se mirant dans l’autre, séparés par ce fleuve où la vie et la mort sont pesés à chaque instant.

Nous avons beaucoup de choses en commun, mais un artiste, contrairement à l’homme politique, n’a rien à perdre, car ce n’est pas lui qui fait les lois; et si c’est le premier ministre qui change le monde, l’artiste, lui, il le fait voir. Ne contribuez donc pas, par votre politique, à nous rendre aveugles, Monsieur le premier ministre, n’ignorez pas la rive miroir, ne nous plongez pas davantage dans le brouillard, ne nous diminuez pas.

Je suis prête à voter pour quasiment n’importe qui/quoi qui empêchera Harper et son équipe d’être reporté au pouvoir.

Sérieusement, quand on voit les politiques mises de l’avant par ce gouvernement, je ne comprends pas comment on peut consciemment voter pour les Conservateurs.

Et sérieusement, entre la face de Dion - qui a juste l’air innocent - et celle de Harper - qui a l’air niais et fourbe à la fois, je préfère l’innocent!

vendredi 12 septembre 2008

Laisser aller...



Merci Mireille, Yanick, Jessica, Caroline, Nicole, Nathalie, Mylène, Myléna, Zabi, Thomas, papa et maman. Vous êtes venu me voir me déshabiller devant vous.

Une mise à nue de ma vie, de mon couple. De ce que je ressens, cogite, soupèse, aime, habite, cherche et vis. J'ai été très émue de voir mon court-métrage dans cette salle du cinéma Du Parc. Un accomplissement, un tournant, une voie (voix) devant moi se dessinent.

Petit à petit, je définis ce que je veux être et faire.

Professionnellement, tout simplement rencontrer des jeunes, les écouter et les guider. Les bousculer aussi.. qui le fera sinon ?

Personnellement, j'ai repris le montage des images qui étaient au creux de moi, d'un périple au pays de mon amour, un voyage que je ne dévoilais pas dans toute son entité. Comme un vin que j'ai laissé mûrir.

Empoigner ma caméra, poursuivre mon chemin, faire ce que je veux avec ce je vis; voilà un autre souhait de liberté que je m'offre.

Rien à demander à personne, rien à prouver, pas de formulaires de subvention à déchiffrer, seulement me laisser aller.

Le plus beaux des mouvements à faire quotidiennement. Laisser aller!

mardi 9 septembre 2008

Choisir... avec le temps

Je me suis retrouvé devant diverses décisions à prendre ces temps-ci et là je me pose à peine et je réagis fortement à ces réflexions.

Faire les pour et les contre, juger sans juger, décider pour soi et sa petite famille. Se sentir coincée, troublée, avoir les sueurs froides, se réveiller la nuit, faire des cauchemars, de l'insomnie. Choisir le meilleur, le plus conséquent. Se convaincre d'être convaincue... Puis avoir la certitude de savoir que le choix est fait et est bon. La paix revient.

Puis à travers mes réponses que je mets en place, je vois et rencontre des jeunes où je travaille qui se posent des milliers de questions.

Ils veulent:
* le plus beau des boulots
* gagner leur vie sans avoir l'impression de travailler
* faire les plus beaux projets qui soient
* tout et rien


Je les regarde dans les yeux, j'ai le goût de rire.
J'aspire et j'inspire. Je reprends mon souffle.

"Mais au fait, mmm... sais-tu qui tu es avant de passer à l'étape des choix?"

Le temps, seul te dira qui tu es vraiment si tu ne le sais pas encore. Nos livres de références ne te serviront à rien en ce moment. Ce que tu es, toi seul, tu le sauras.

Je ne sais pas encore tout à fait moi-même qui je suis et j'ai parfois le double de leur âge.
Alors, je ris.

Pas d'ironie, surtout de me voir en eux!



Je fouille sur le net et je trouve ces deux énoncés:

"Le temps instant

Mais nous venons d'entrer dans l'Ère du temps-instant. L'influence des micro-processeurs dans la façon de mesurer le temps se fait déjà sentir sur notre conception de l'univers et notre façon de penser.

Aujourd'hui, à l'époque des micro-processeurs, l'instantanéité est entrée dans nos vies. Avec ce que cela peut avoir d'inquiétant: il n'y a plus le sens de la répétition rassurante des phases, comme à l'époque où le temps était cyclique; il n'y a plus le sens de la continuité, comme à celle où le temps apparaissait comme un vaste mécanisme. Il n'y a que l'instant qui compte.

Jetez un coup d'oeil sur une horloge digitale: le temps ne vient de nulle part, il ne va nulle part...

C'est l'instant.

Et la pensée moderne est obsédée par l'instant: la guérison-instant, la fortune-instant, le sexe-instant... Il faut que tout se passe tout de suite.

Mais il y a sans doute un aspect positif à une vision de l'univers instant. À la condition que s'élève le niveau de conscience, c'est l'opportunité pour les êtres qui auront intégré la révolution du micro-processeur, de vivre de plus en plus l'instant-présent."


"Le temps social / Le temps vécu

À notre époque, le divorce entre les deux s'accroît un peu plus chaque jour.

Le temps social est compté et linéaire. L'horloge, puis le chronomètre ont transformé les conditions de notre vie quotidienne: l'industrie n'a cessé d'imposer aux hommes une conception linéaire de la durée.

Alors que le temps vécu, lui, s'est effrité au point où nous avons le sentiment de ne plus nous appartenir.

Pour s'appartenir, il faut avoir du temps à soi. Il faut exercer un certain contrôle sur le temps - pouvoir prendre le temps de faire, par exemple, telle chose qui m'est importante...

Ce n'est pas toujours facile."

Merci à Jacques Languirand pour son aisance à vulgariser ce qu'il lit. Voir son site "Par 4 chemins" sur Radio-Canada.ca

lundi 8 septembre 2008

Brise japonaise



Petit dos droit et orteils en suspension.
Monsieur Akim est charmant dans ce petit habit.

vendredi 5 septembre 2008

JP



J'ai repris contact avec Jean-Philippe. Nous nous étions un peu perdu de vue.

Pour lui, ce fut à cause de sa vie de famille et ses quatre beaux enfants puis sa blonde qui ont pris beaucoup de place. Pour moi, un changement de carrière, de nouvelles avenues et des escapades en Estrie et en Afrique.

Nous nous étions rencontré à l'Université Concordia en «Film prodution» dans les années 90. Des années riches en expression de soi, découverte du médium cinématographique, d'analyses et de séminaires. Tout était permis et je me suis toujours sentie très confortable de m'inventer une certaine signature, vision; une façon de faire qui me suis propre.

Nous étions assurément le maître d'oeuvre de nos inspirations.

Hier, il est venu à la maison, nous avons causé de tout et de rien. Il voulait voir mon court-métrage. Il m'a reconnu dans ma façon de faire, j'en étais réconforté. Ce qui m'importe le plus, c'est d'être intègre, transparente. Me divulguer sans trompette, sans feux d'artifice, seulement pour dire, me dire, pour comprendre.

Nous avons parlé aussi de l'enfance, de quelques blessures qui restent en nous, quelques secondes d'émotions imprégnées au creux de soi qui reprennnent surface parfois, souvent, tout au long de notre vie.

Ce fut une bonne soirée, tranquille, simple, sans but; un espace pour parler de soi.

Je suis heureuse de l'avoir retrouvé. Maintenant nous «bloguons» ensemble, nous inspectons nos introspections!

http://lecahierdebord.blogspot.com/

jeudi 4 septembre 2008

Une chanson pour la charmante voyageuse



Jacques Brel
LA QUÊTE
1968 (l'année de ma naissance)


Rêver un impossible rêve
Porter le chagrin des départs
Brûler d'une possible fièvre
Partir où personne ne part
Aimer jusqu'à la déchirure
Aimer, même trop, même mal,
Tenter, sans force et sans armure,
D'atteindre l'inaccessible étoile
Telle est ma quête,
Suivre l'étoile
Peu m'importent mes chances
Peu m'importe le temps
Ou ma désespérance
Et puis lutter toujours
Sans questions ni repos
Se damner
Pour l'or d'un mot d'amour
Je ne sais si je serai ce héros
Mais mon coeur serait tranquille

Et les villes s'éclabousseraient de bleu
Parce qu'un malheureux
Brûle encore, bien qu'ayant tout brûlé
Brûle encore, même trop, même mal
Pour atteindre à s'en écarteler
Pour atteindre l'inaccessible étoile


On se reparle!

lundi 1 septembre 2008

Au parc vu par tonton Yanick



Tout ces plaisirs qui le rend si heureux... grâcieux! Il est aux anges!











Pour Fannie...




Avec Yanick.. montrant son bobo...










samedi 30 août 2008

Nos petites vacances




On a été dans le très simple cette année puisque j'avais seulement une semaine. Alors nous avons fait les touristes. Parmi ces courtes aventures, une escalade dans le train de banlieue vers Deux-Montagnes.





Akim était fasciné, nous avons misé juste.




Le petit homme est comblé.




Au carré St-Louis, devant la fontaine, il fait comme grand-papa; les mains dans le dos, il observe.

Ma lecture


photographie de Yanick Paquin

J'ai demandé à Yanick de m'envoyer cet ensemble de photos qui, au premier regard, me parlait d'une tristesse certaine. Bizarre cet envoi, exactement ce soir.


J'aime me perdre dans des images qui me parlent. Je vous l'ai déjà dit. Premières réflexions. Un abandon, un moment anodin. Deux formes vivantes.

Un au repos complètement habillé, en pause du boulot, j'imagine. Est-il heureux ? Voudrait-il resté là tout l'après-midi? Est-ce que le boulot lui pèse? Pourquoi n'a-t-il pas ôter ses souliers? Par manque de temps? Par paresse?

L'autre par sa physionomie semble perdu. Va-t-il boire l'eau de la piscine? Un oiseau de ville est toujours un peu pour moi comme le chien dans un appartement en ville; vraiment pas à sa place.

La juxtaposition de ces deux photos me plaisent. Rien de naturel à mes yeux, la détente avec des souliers, la piscine et l'oiseau. Mais il s'y trouve aussi un laisser aller. Boire l'eau, s'étendre sur la verdure malgré le chlore et les bruits avoisinants.

J'aime cet ensemble, il me laisse confuse et affectée.

jeudi 28 août 2008

Sophie Calle

http://www.radio-canada.ca/arts-spectacles/PlusArts/2008/07/10/004-Sophie-calle-DHC-ART.asp

http://www.actes-sud.fr/pg/calle/extraits.php


Je vous oblige presqu'à aller voir cette exposition gratuite.

Moi qui aime dévoiler mon intimité, je fus touchée, amusée et émue par cette exposition hors de l'ordinaire!

Vous avez jusqu'au 19 octobre!

mercredi 27 août 2008

Début de voyage

Chère Fannie,

je te sens désamparée et remplie de désirs d'avancer.

Tes souvenirs d'ici sont omniprésents; pourquoi avoir quitté en fait ton univers montréalais?

Toi seule, le sait.

Tu as voulu te bousculer, répondre à des questions que tu n'oses pas répondre ou simplement te poser? Ton confort de fin de séjour fait contraste à l'indifférence de ce début de voyage.

Tout comme à chaque début, excluant ceux qui demandent d'être vécu urgemment (partir à tout prix par besoin quelconque par exemple), chaque début est donc difficile.

Qui sommes-nous dans ce pays, ces paysages, ces moeurs? À qui peut-on s'associer, qui nous guette, qui nous scrute, qui nous plaît, qui nous font fuir?

Déshabilles-toi de tes façons de faire, tu peux être Autre, différente, personne ne te connaît, profites de cette occasion pour essayer tout ce que tu veux... Permets-toi de perdre un temps fou dans cette adaptation.

Si tu as des êtres chers et des lieux montréalais qui restent gravés en toi, amènes les avec toi, ne les fuis pas. Ils sont là, je suis là; fais moi découvrir ton nouveau monde. Plus le temps passera moins nous serons lourds à porter.



Comme Akim, tout jeune, tu sauras un beau matin, sourire comme par enchantement puisque tu sauras te sentir maintenant confortable... même dans un panier de linges sales!

Nous devriendrons tes compagnons au lieu de tes fantômes. Et si ça te prend une autre semaine, un autre mois (ou deux ou... peu importe); on s'en fout, chacun son rythme, chacun sa façon.

Je me rappelle avoir combattu trop longtemps (presque 2 mois!) mon amour pour Mao, le désir d'être avec lui lorsque j'étais au Mali, à devoir, en plus guider mes stagiaires dans ce blues de chacune de leur vie personnelle... La guide en moi trouvait la tâche plus qu'ardue! J'aurais dû assumer mon manque de mon Mao au lieu de me juger que je trouvais si dommage d'avoir la tête ailleurs!

Alors voilà.. Je te laisse sur deux citations qui j'espère, t'accompagneront... comme moi!

Je t'embrasse, xxx


« Je crois à la vertu des absences. Après tout, au bout de trois mois d’absence, tout ce qui agaçait votre famille proche s’évanouit – les tics, le fait que vous ne remettiez pas un objet où l’autre le met, ces petites choses qui rendent la vie désagréable. Vous-même rentrez changé et vous ne remettez pas forcément l’objet à l’endroit où vous le mettiez avant. Vous trouvez une solution plus satisfaisante. Des petites améliorations naissent de très longues absences. Il y a aussi le fait qu’elles vous permettent de faire votre compte. Vous vous dites : sur tel ou tel point, je n’ai pas été très juste ou : je devrais être plus attentif à telle chose à mon retour. Dans une vie de couple qui passe toujours par des crises shakespeariennes, il faut d’immenses lucarnes, des bouffées d’air salubre. »

Nicolas Bouvier, Routes et déroutes


«Un jour, on demanda au Dalaï Lama : " Qu'est-ce qui vous surprend le plus dans l'humanité?"

Il répondit : "Les hommes qui perdent la santé pour gagner de l'argent et qui, après, dépensent cet argent pour récupérer la santé. A penser trop anxieusement au futur, ils en oublient le présent, à tel point qu'ils finissent par ne vivre ni au présent ni au futur. Ils vivent comme s'ils n'allaient jamais mourir et meurent comme s'ils n'avaient jamais vécu".

Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu'il se suffit à lui-même. On croit qu'on va faire un voyage, mais bientôt c'est le voyage qui vous fait, ou vous défait ( ... ) La piste est très solitaire, de grandes distances séparent les villages. Pour une raison ou une autre, il peut arriver qu'on arrête la voiture et passe la fin de la nuit dehors. Au chaud dans une grosse veste de feutre, un bonnet de fourrure tiré sur les oreilles, on écoute l'eau bouillir sur le réchaud à l'abri d'une roue. Adossé contre une colline, on regarde les étoiles, les mouvements vagues de la terre qui s'en va vers le Caucase, les yeux phosphorescents des renards. Le temps passe en thés brûlants, en propos rares, en cigarettes, puis l'aube se lève, s'étend, les cailles et les perdrix s'en mêlent ... et on s'empresse de couler cet instant souverain comme un corps mort au fond de sa mémoire, où on ira le rechercher un jour. On s'étire, on fait quelques pas pesant moins d'un kilo, et le mot "bonheur" paraît bien maigre et particulier pour décrire ce qui arrive ... Finalement ce qui constitue l'ossature de l'existence, ce n'est ni « les loisirs », ni la carrière, ni ce que d'autres diront ou penseront de vous, mais quelques instants de cette nature, soulevés par une lévitation plus sereine encore que celle de l'amour, et que la vie nous distribue avec une parcimonie à la mesure de notre faible coeur.»

Nicolas Bouvier, L’usage du monde


Je le dis, je le répète, Akim est mon voyage à moi, il a bousculé dans ce que j'étais avant, avec mon quotidien. J'ai pris du temps à ASSUMER qu'il avait affecté ma liberté si chérie. Comme lui dans ce panier, tu sortiras de tes souvenirs pour découvrir ce qui est devant toi et te l'approprier.



Je t'embrasse encore et à tantôt! xxx

mardi 26 août 2008

9h04



À cette heure précise, je prends note du temps.

J'ai décidé. J'ai choisi.

Depuis deux semaines, je pèse les pour et les contre.

Je devais en quelque sorte choisir entre mon rôle de maman et la femme professionnelle.

Un emploi m'offre le même salaire que le récent mais pour 4 jours de labeur par semaine. Le nouveau boulot est rempli de défis, le présent peut se remanier.

Une journée pour moi. Dormir. Aller au cinéma. Filmer. Me ressourcer. Flâner. Bloguer.

Le choix est devenu clair. Maman gagne, Geneviève aussi!

Je suis en paix avec la décision, au téléphone ma voix tremblait, j'entendais sa déception; je suis aussi mal à l'aise: "Vous avez d'autres candidats, vous êtes ok, non ?"... "Tu étais la meilleure" appuyé d'un silence.

Oui, 9h04, j'ai pris la meilleure décision!

lundi 25 août 2008

Sans filtre



Maman prend congé et retrouve sa liberté.

Les derniers jours ont passés rapidement. Plaisir, fraîcheur, rencontres.

Fannie, ma complice n'est plus là pour rire avec moi.



Elle rit souvent à tout rompre quand je suis avec elle; quelle délectation pour l'égo. Elle se promène entre le Nord et Sud en Nouvelle-Zélande. Je pense à elle.


Samedi matin, je quitte mes deux hommes. Je monte à Québec avec Nycole.

On se promène dans les petites rues, nous prenons notre temps. Canicule oblige, plaisir se doit.

En milieu d'après-midi, nous allons voir Mansa. Nous avons droit à un concert privé.



Puis, je rencontre deux merveilleuses femmes. Yolande et Myriam, belles, sensibles, rieuses. Un pique-nique-sushi sur les Plaines d'Abraham puis la projection du Moulin à images de Lepage. Je m'endors comme un enfant. Je ronfle comme un camionneur.


Le lendemain. La décapotable de Yolande sera notre paquebot. La peau sculptée par le vent chaud et la joie d'être libre me donnent des ailes.




Je ne pourrais décrire tout ces instants passés avec elles. Des moments de complicité et de rires sincères, de pas de danse, d'amour et d'amitié.

Un ensemble sans filtre. Pur.









On apprête le souper. La conversation est franche, sensible.



De retour à Montréal, la maison toute propre. Je vide mon sac et enfourche ma bicyclette. "Akim, me voilà!"

Au jardin, Mao me pointe fièrement ses tomates. Il aura eu raison, elles sortent enfin, malgré le grand retard à les avoir planter!










Akim est bien dans son train train avec ses camions.


Retour à ma réalité.

Ressourcée!

Vivre sans filtre, n'est-ce pas la meilleure des voies?

mercredi 20 août 2008

Partir




Tu es partie ce matin
la belle Fannie
et j'en suis peiné.




Avec toi, je deviens tout
ce que je suis;
joie, peine,
éclat, ombre,
cabotinage.





Mon quotidien était
teinté de ta présence.
Akim aimait te coller
et te faire rire,
comme moi.




Au printemps, ton retour.
Automne, hiver,
des centaines de dodos
à t'espérer.

Les départs sont parfois lourds et légers
et portent des sens que l'on veut
bien y apposer.


Le tien sera signe de silence et de paix.

vendredi 15 août 2008

Les autres



Ce matin, j'ai vu Pablo tirer le bras d'Akim à la garderie pendant que la gardienne est allé porter le lait au frigo que je venais d'acheter.

Ils ne me voyaient pas. J'ai eu un pincement au coeur, pas pour le geste mais simplement de voir Akim devenir un être à part, un être social qui doit gérer certaines situations, seul, quelques secondes, quelques minutes, déjà.

Hier, à la fête de quartier, je l'observais avec Mao, à regarder partout, à danser au son de la musique. Il est déjà très indépendant comme papa et maman. Je me dis qu'il est sur un bon élan comme jeune citoyen néophite; il observe, s'intègre aisément avec les autres, rit, joue.

Évidemment, je repense à ce je devais être moi-même étant petite et je me vois en lui. Il aime faire le spectacle, être regardé, il est enjoué puis calme comme Mao, fonceurs (différemment) comme nous deux. Et je me demande comment et quand j'ai été aussi autrement et en plus, pourquoi et quand? Puis je me dis: «Arrêtes Geneviève, tu as analysé tout ça des millions de fois, pourquoi ne pas te laisser justement aller comme ton Akim!?»

Voilà le résultat de ce que je suis en ce moment; je suis heureuse... À chaque jour, un exercice je me fais un devoir d'arrêter ces foutues questions et mes sondages à choix multiples; ils ne seront plus les miens bientôt!

mardi 12 août 2008

Une image de mon film


Le reste est à voir!

sourire gratuit à donner


Je suis heureuse, vous l'ai-je dit ?

Merci Fannie pour cette belle photo!

monsieur Akim


Akim, si tu savais comme je t'aime.

À chaque matin, tu es une joie infinie.

Ta candeur me plaît, ton intelligence me séduit; tu es la plus belle de mes réalisations.

Des photos de toi en petit habit japonais sont craquantes, je les attends pour te les montrer.

Surprends-moi encore et encore!

mardi 5 août 2008

Manipulation



Je trouve cette image de bébé sur le net et je pense à Akim. Je tente de lui ôter le biberon pour le lait (il bave beaucoup trop et il est grand, presque 17 mois); il me fait donc d'énormes crises. Je sais bien que lorsqu'il boit son lait avec le biberon, il adore, il se tortille de plaisir et de bonheur. Cela semble être un moment vraiment délectable...surtout dans mes bras! Je lui ôte donc beaucoup en même temps! Et j'avoue que moi-même j'aime ce moment de tendresse qui le garde en fait dans un espace de petit bébé... Il m'est aussi très difficle, je crois de couper ce geste symbolique, je me l'avoue!

Alors, en signe de colère; il jète son camion en l'air, se lance à terre, crie.

Je lui dis que je comprends qu'il soit fâché et lui propose une option pour manger, par exemple une banane... qu'il repousse. C'est difficile de tenir tête.

Il se colle à moi, me suivant partout, me suppliant de le prendre et me demande de lire plusieurs livres le matin quand je dois faire les préparatifs pour partir au travail en passant par la garderie.

Ce matin, je n'ai pas pris ma douche et je lui ai refilé un petit biberon étant un peu à bout de souffle. Je me sens un peu mal d'avoir cédé ce que je voulais imposer mais je me reprendrai.

Je sais que si m'étais vu aller, j'aurais rapidement pensé :"Non, il ne faut pas céder!" Alors, deux choses à éviter le "il faut" et me donner du temps pour cet apprentissage.. et surtout arrêter de me juger dans ma fonction de maman...

J'ai vu pire!

vendredi 1 août 2008

le 11 septembre, le visionnement

Alors, après vérification auprès des organisateurs, vous pouvez vous pointer au Cinéma du Parc le 11 septembre à 21h00 pour la projection, vous devrez vous acheter des billets puisque j'en aurai reçu que deux pour moi!

Au plaisir de vous y voir!

Jamais satisfaite?



Je me sens dans une drôle de situation, rien de précis, un mélange de désirs, de tristesse, de joie, de questionnements; l'ensemble de ma vie mise dans une boule de gomme?!

Mais qu'est-ce que je dis?

Je viens de lire le dernier billet d'Anny et je souris... Pleine de réflexions, d'avenues; je me sens dans le même contexte qu'elle.

Mon voyage à moi a été la maternité; il a bousculé mes fondations, remis les pendules à l'heure et ouvert des portes.

Les grandes questions sont celles de toute ma vie en tant qu'être social; je ne me sens jamais satisfaite.

Je veux toujours plus, autrement, différemment avec un lot d'attentes bien définies.

Par exemple, mercredi dernier, j'étais vraiment heureuse du fait que mon court-métrage est été choisi, tout mon entourage à qui je me suis empressé d'annoncer la nouvelle, ont réagi.... Mais puisque je suis une «collectionneuse-de-reconnaissance-sans-borne», évidemment, j'ai beaucoup misé sur Mao, parce qu'il est aussi question de lui dans le film... parce que je suis fière. À l'annonce de ma sélection, il a très bien réagi mais j'en voulais plus et encore plus!

Trop gourmande, trop avide que l'on me regarde aller. VORACE.



Jamais satisfaite, le jardin du voisin étant toujours plus beau.

Pourquoi?

J'ai des acquis que je ne sais savourer, j'en veux plus ou autrement, je n'aime pas ce détail ou ceci ou cela. Je m'arrête sur des futilités tentant en même temps désespérément de savourer l'ensemble.

Ce sont là des sentiments que je n'aime pas mais qui sont en moi.

Et c'est là que tout commence, cette culpabilité de m'arrêter à ces détails, d'être insatisfaite sachant très bien que j'ai le pouvoir et surtout la facilité d'être heureuse avec tout ce que j'ai.

Un cercle vicieux que je tente CONSTAMMENT de désarmorcer.

À force de m'en détourner, de le questionner, de l'éviter; j'imagine que je m'en débarasserai.



Une terre fraîche, sans engrais, ni insecticide. J'aimerais me le permetttre. J'y sèmerai de nouvelles semences.

N'avez-vous pas aussi des insatisfactions futiles et omniprésentes?